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La Mélancolie de la résistance de Laszlo Krasznahorkai

melancolie-de-la-resistance.JPGLà où un Vallejo - par exemple - nous liquéfie d’angoisse à coup de phrases courtes, étouffées, sur un tempo heurté, Laszlo Krasznahorkai y va d’interminables tirades, entrecoupées de digressions, qui ramènent inlassablement vers l’insaisissable substance qui imprègne ce roman : le mystère.


Construction surprenante pour un exercice littéraire original et ensorcelant, comme le sont parfois les romans dont la trame repose moins sur l’intrigue que sur l’atmosphère suffocante qui y préside. ‘La Mélancolie de la Résistance’ reprend, cependant, les clés du genre, principalement la lente mise en place du malaise, le règne de l’ombre qui s’avance en nuages de doutes et de peur sur les protagonistes, avec pour subtilité qu’il progresse par strate, qu’il s’étend circulairement pour gagner tout l’univers de sa fragile héroïne, Mme Pflaum. Un univers qui s’en retrouve étriqué et qui ne lui laisse plus de refuge contre l’oppression et la folie de ses congénères.


Krasznahorkai construit un cocon de mystère pour y faire germer des réflexions désabusées et grinçantes sur la société post-industrielle, ses déboires, ses oubliés, son humanité toujours suspendue aux fluctuations, aux contradictions du postmodernisme. Il dépeint un monde aveuglé d’images, plus à l’aise dans l’illusion que dans le réel. Autant de pistes qu’il fait bon de suivre, même s’il est parfois difficile de ne pas se perdre dans cette vision exagérément apocalyptique. Un roman à la construction magistrale qui déconcertera les moins patients quand les plus courageux seront agréablement récompensés.

 

La Mélancolie de la résistance de Laszlo Krasznahorkai

Editeur : Gallimard
Publication : 9/11/2006

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